Les politiques environnementales sont-elles condamnées ? (2/2) Les causes

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Opinion. Pourquoi les initiatives en matière de préservation de l’environnement sont-elles des échecs ? Les nations sont-elles condamnées à ne jamais être d’accord ? De nombreux paramètres sont à prendre en compte.

La prépondérance de l’économie dans le monde est bien sur l’explication la plus évidente. Si je ne veux pas m’essayer à commenter un fonctionnement qui m’échappe beaucoup, il paraît inévitable de faire ce constat.

Les initiatives écologiques marchent pour des raisons précises :

  • les éoliennes sont gérées par des entreprises, privées pour la majorité d’entre elles, qui fournissent un service (vendre de l’énergie aux citoyens) et qui sont donc viables économiquement. Elles ne remplacent aucun pan de l’économie « traditionnelle », puisque la demande en électricité ne fait qu’augmenter.
  • Protéger les pandas et les éléphants touche des secteurs très restreints de l’économie. Le commerce de l’éléphant a mauvaise presse et l’ivoire peut être substitué par d’autres produits. A ma connaissance, les pandas n’ont jamais été au premier plan des échanges commerciaux.
  • Trier les déchets crée un marché et des emplois, entre usine de retraitement et transport des ordures.

A l’inverse :

  • Construire des voitures qui ne roulent pas au pétrole ouvre un nouveau marché au détriment d’un autre, bien ancré depuis des décennies. De plus, le renouvellement du parc automobile a un coût certain : voitures électriques ou à air comprimé nécessites batteries et chargeurs, couteux à mettre en place.
  • Protéger le thon rouge entraîne une augmentation du taux de chômage chez les pécheurs et, dans une moindre mesure, chez certains restaurateurs.
  • Trier les déchets selon leur empreinte écologique est compliqué et repose sur des critères subjectifs contestables.

Ainsi, si les plupart des états sont réticents à l’idée de mettre en place des politiques environnementale ambitieuses, c’est parce que leur vision des bénéfices est toujours à court terme. Mettre des pécheurs au chômage est mauvais pour le bilan d’un gouvernement qui cherche à se faire réélire. Mais cette vision à court terme est un non-sens puisque le jour où il n’y aura plus de thons, le même phénomène se produira.

Les décisions symboliques et qui touchent à des marchés de niche ont toujours été adoptées plus facilement : le commerce des peaux de bêtes, des cornes de rhinocéros ou des défenses d’éléphants choquent l’opinion publique qui peut se passer de ces produits de luxe. Ceux-ci peuvent être substitués par d’autres et n’affectent donc pas l’économie.

De plus, l’écologie souffre de son image traditionnelle. Préserver l’environnement et être proche de la nature est une initiative individuelle. Pour le bien des générations futures, je décide de couper l’eau quand je me brosse les dents ou de ne plus utiliser ma voiture sur de courtes distances. Certes, ces gestes sont indispensables pour une gestion durable de la Terre. Mais les politiques se reposent sur cette image : puisque l’écologie est l’affaire de tout un chacun qui passe par une prise de conscience, nous ne sommes pas obligés de légiférer.

Quelle est la solution pour que l’humain ne soit pas responsable de la disparition des autres espèces et de la dégradation de tout l’environnement ? Et si aucun système politique n’était adapté à la défense de la nature ?

image : car ecology, darkwood67, flickr.

Les politiques environnementales sont-elles condamnées ? (1/3) –>Constat d’un échec

Les politiques environnementales sont-elles condamnées ? (3/3) –> Des solutions pour changer les choses ? (prochainement)

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