Opinion. Malgré l’engouement d’une grande partie de l’opinion publique pour les questions environnementales, les idées vertes peinent encore à s’imposer comme modèle sociétale. L’échec du sommet de Copenhague et, plus récemment, le retrait de la taxe carbone, montrent à quel point nos dirigeants restent opaques aux idées écologiques dans un monde où les enjeux géopolitiques sont exclusivement régis par l’économie.
C’est un fait : la préservation de la planète n’est pas la tendance qui prévaut chez les personnalités politiques à la tête des états puissants. Pourtant, la question de l’impact de l’homme sur l’environnement en préoccupe beaucoup en Europe, au Japon, en Amérique du nord et en Océanie (grosso-modo, les habitants des « pays du nord », qui peuvent penser à la survie de leur espèce avant leur propre survie). Mais à l’évidence, ces sensibilités restent confinées aux citoyens sans atteindre ceux qui dirigent nos démocraties.
Juste après Copenhague, nous pouvions encore croire au poids de l’écologie sur l’échiquier international. Son objectif (limiter le réchauffement de la planète à 2°C) était inatteignable, la lourde machine ONUsienne n’avait pas permis aux belligérants de s’entendre sereinement et d’autres raisons encore, indépendantes de la volonté des politiques, avaient fait capoter le sommet. Finalement, pour faire de l’écologie, il vaut mieux se baser sur de petites choses concrètes que l’on peut changer rapidement.
Mais au niveau national, le même constat d’échec est fait. En France, les résolutions prises lors du Grenelle de l’environnement suivaient tranquillement leur chemin législatif, jusqu’au retrait de la taxe carbone au lendemain du second tour des élections régionales. La mesure était très impopulaire puisque basée sur un impôt, mais ambitieuse et allant dans le bon sens pour beaucoup d’écologistes. En supprimant cette mesure, à la portée symbolique très forte, puisque très commentée dans les médias, le gouvernement de François Fillon a envoyé un message rassurant aux conservateurs et autres climato septiques et effrayant aux associations écologistes, à tel point que la fondation Nicolas Hulot s’est retirée des négociations qui ont lieu autour du Grenelle de l’environnement.
Quand les enjeux sont concrets, et qu’ils ont des frontières bien définies, là encore les choses capotent. La non interdiction du commerce du thon rouge en est le parfait exemple. Les négociations qui ont eu lieu la semaine dernière lors de la conférence de la Cites sont une catastrophe pour la préservation des espèces en danger puisque les 175 pays négociants n’ont pas réussi à passer au dessus des enjeux économiques.
Ainsi aujourd’hui, l’écologie semble se résumer à :
- Construire des éoliennes
- Protéger les pandas et les éléphants
- Trier les déchets
En soit, ces trois mesures sont très fortes. Mais si elles ont été adoptées, ne serait-ce pas uniquement parce que leur impact sur l’économie globale est très faible ? Ces mesures ne se substituent pas à
- Construire des voitures qui ne roulent pas au pétrole
- Protéger les thons rouges
- Trier les produits en fonction de leur empreinte écologique
Image : coming soon, digital trash, flickr.
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