Un éléphant, ça court ou ça marche vite?

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Mad Scientist. Un éléphant, ça trompe, ça trompe, un éléphant, ça trompe énormément. Outre pour nous rappeler les comptines de notre enfance, certains scientifiques sont sur Terre pour conduire les plus sérieuses des études. Tenez, prenez Norman Heglund, de l’université catholique de Louvain, en Belgique. Et bien Norman, il se pose des questions existentielles qui l’empêchent de dormir, dont celle-ci : « Est-ce que les éléphants qui se déplacent à toute vitesse courent, ou bien est-ce qu’ils se contentent de marcher vite ? » Pas facile, hein? Heureusement, la science est là pour éclairer nos lanternes.

Et Norman n’est pas le premier à s’être posé la question. John Hutchinson, du Royal Veterinary College au Royaume-Uni, y avait déjà pensé et en avait conclu que les éléphants marchaient vite, plus qu’ils ne couraient. Enfin, pas exactement. Pour lui, seules les pattes avant marchent, tandis que celles de derrière trottent. Mais parfois c’est l’inverse! Las, Norman Heglund ne laissera pas un doute si insupportable s’insinuer dans les esprits, et décidera de s’en remettre au couperet infernal de la science qui tranchera la question. Ses résultats sont publiés dans le Journal of Experimental Biology du 12 février 2010.

Pour résoudre l’énigme, il analyse les forces exercées entre l’animal et le sol. Aidé par une bande de joyeux drilles, il construit des fondations en béton sur lesquelles il place des plaques destinées à mesurer la force s’appliquant dessus. Tout est empaqueté avec nombre d’ordinateurs, capteurs, caméras, etc, direction, Lampang, en Thaïlande, plus exactement au Centre thaïlandais de préservation des éléphants.

Là, les cornacs (maîtres et guides des éléphants de génération en génération), juchés sur leurs bestiaux, de l’éléphanteau au gros patriarche de 4 tonnes, lancent les pachydermes à différentes vitesses, en passant évidemment sur les plateformes pour mesurer les impacts. Premier résultats : les éléphants adoptent un mode de déplacement des plus économes, ils dépensent un tiers de ce qu’un humain doit fournir par unité de poids. Comparé à leurs ennemies jurées, les souris, leur dépense est 30 fois moins élevée !

Heglund explique cette performance par le fait qu’ils ont en permanence 2 à 3 pattes touchant le sol, ce qui limite le déplacement de leur centre de gravité, et donc leurs dépenses d’énergie. Mais revenons-en à nos moutons. Enfin, pas les moutons, mais …. bref vous m’avez compris.

Nos scientifiques de l’extrême ont examiné la capacité des éléphants à convertir l’énergie potentielle en énergie cinétique. En effet, un animal qui court convertir en permanence son énergie potentielle, contenue dans ses tendons et ses muscles, en énergie cinétique, un peu comme dans un bâton sauteur. En revanche, si l’animal marche, son énergie potentielle de début de foulée est convertie en énergie cinétique lorsqu’il s’avance, un peu comme dans un pendule.

Et puisque vous ne tenez plus en place devant ce suspense inhumain, voici les résultats.

L’analyse des énergies leur a permis de conclure qu’un éléphant court lorsqu’il se déplace vite. Cependant, l’analyse des déplacements du centre de gravité confirme qu’il est stable en début de foulée (déplacement des pattes antérieures), et qu’il saute comme celui d’un coureur en fin de foulées (déplacement des pattes postérieures).

Vous qui espériez une réponse précise, c’est raté. Nos gros pachydermes courent avec les pattes avant, tandis que leurs pattes de derrière semblent plutôt marcher. Heglund en conclut, résigné, que « Tout dépend de votre définition du mot courir ». Toujours est-il qu’il obtient des résultats opposés de ceux de Hutchinson. Vivement la prochaine expérience pour les départager !

Photo : Baby elephant running – bdu – Flickr

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2 commentaires pour Un éléphant, ça court ou ça marche vite?

  • Le sujet est interressant, mais l’explication des énergies ne m’a pas trop parlé, dommage. Quelques définitions de « courir » n’aurait pas été de trop, ça existe. Car oui, évidemment que ça dépend de la définition…

    Je remarque que tu as un style d’intro bien à toi, disons par des dictons populaires/blagounettes. ( je pense à l’article de l’horloge notamment)

  • Fabien Goubet

    Salut,
    tu as raison ça dépend de la définition de courir.
    Mais ici, c’est un peu comme pour les humains en athlétisme, si tu te retrouves sans aucun appui au sol pendant ta foulée, alors tu cours. SI tu conserves un appui à tout moment, c’est de la marche.
    Mais en effet le scientifique le souligne, la définition peut varier, en l’occurrence la foulée des éléphants est différentielle selon les pattes avant ou arrière, donc c’est difficile de trancher. Sacrés bestiaux!

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