Actu. Il est 13h45 quand une sirène retentit dans le centre ville de Caen. Les 20 000 habitants évacués pour effectuer les opérations de désamorçage d’une bombe datant de la seconde guerre mondiale peuvent regagner leur domicile. La dite bombe pèse près de 500kg et dormait paisiblement dans le sous-sol caennais depuis le bombardement américain de 1944.
C’est un coup de pelleteuse sur un chantier du campus universitaire de Caen, fin janvier, qui a mis la bombe au grand jour. Le chantier a immédiatement été interrompu pour éviter tout accident et permettre le désamorçage de la bombe.
« Nous avons organisé les opérations de déminage dimanche dernier, car c’est un jour creux où les Caennais peuvent facilement quitter leur domicile. Beaucoup étaient d’ailleurs partis en vacances»
explique Mme Montacer, directrice de cabinet du préfet du Calvados.
Comment une telle bombe a-t-elle pu rester tranquillement cachée en centre ville de Caen sans jamais être découverte ? Les engins explosifs de ce type sont enfoncés dans le sol et avec le temps, ils ont été recouverts par la terre et d’autres sédiments. A la surface, il est impossible de soupçonner la présence d’un si gros objet et c’est pour cette raison que les bombes sont souvent découvertes sur les chantiers. En 2009, 17 bombes de plus de 250kg ont été désamorcées par le centre de déminage responsable de la Basse-Normandie et des départements Sarthe et Mayenne.
« Sur tout le territoire français, ce sont entre 50 et 100 bombes qui sont découvertes chaque années. La plupart datent de la seconde guerre mondiale »
assure-t-on au service de déminage de la sécurité civile.
« La plupart du temps, on les découvre avant le début des chantiers en sondant le sol. Mais quand il y a déjà des fondations dans le sol, il est impossible de différencier le métal des bombes de celui des fondations et nos détecteurs sont totalement inefficace ».
C’est ce qui s’est passé à Caen : les travaux, qui se déroulent en plein centre-ville, avaient déjà commencé et les démineurs n’ont donc rien pu construire autour de la bombe pour protéger les alentours au cas où elle exploserait.
« C’est pour cela qu’une zone de 800m de rayon a du être sécurisée autour de l’engin. Nous avons du évacuer 20 000 habitants, ce qui est très élevé»
confie Mme Montacer.
Une fois les lieux sécurisés, les démineurs ont pu désamorcer la bombe, à la main. Difficile de savoir exactement comment procèdent les démineurs à ce moment là. En effet,
« nous préférons garder la procédure secrète, de peur que les promeneurs qui découvriraient une bombe par hasard s’essaient à la désamorcer eux-mêmes. C’est un travail qui demande beaucoup de sang-froid et un véritable savoir-faire »
explique la sécurité civile.
Une fois désamorcée, la bombe d’une demi tonne a été évacuée vers un endroit, lui aussi tenu secret. En effet, les charges explosives pourraient être utilisées par des terroristes ou plus simplement par des amateurs d’artifices, désireux de bricoler une belle bombe artisanale.
Quoi qu’il en soit, de telles évacuations vont encore avoir lieu en France. Les experts du déminage estiment qu’il faudra encore 50 ans pour nettoyer totalement le territoire. Et au vu du nombre de bombes largués lors des deux guerres mondiales en France, on peut facilement imaginer qu’il y en aura pour plus longtemps encore.
photo :FAB-3000 Bombe, Deutscher Friedensstifter, flickr.










