Qui n’a jamais lutté pour convertir en heures la durée d’un film indiquée en minutes ? 157 minutes. Soit 2h37min. Il serait plus simple de se représenter tout cela si une heure comprenait 100 minutes ! Alors pourquoi le temps est-il divisé de la sorte ?
Ce système a été élaboré il y a quelques 5000 années par les Babyloniens. Difficile de savoir exactement comment et à quel moment ils l’ont instauré, mais plusieurs raisons permettent d’expliquer pourquoi ils se sont orientés vers un tel système.
Contrairement à notre système de calcul en base de 10, celui des babylonien était en base de 60. Divisible par 2, 3, 4 et 5 , soixante est bien plus maniable que dix, seulement divisible par 2, 2.5 (et dans une moindre mesure 4) et 5. Pour les calculs astronomiques, compter en base de 60 facilite le travail ! Les babyloniens découpent alors le cercle en 360 degrés (soit 6 fois 60).
Sans horloges, il n’existe qu’une seule durée évidente et naturelle : la durée d’une journée, soit le temps qui sépare deux levers de Soleil (ou deux couchers). Pour organiser leur journée, les babyloniens découpent au départ cette journée en six parties (logique puisqu’ils comptent en base de 60). Ces cycles leur apparaissant un peu longs, ils décident de les redécouper en deux. Une journée compte alors 12 parties.
Quelques siècles plus tard, les Egyptiens réutilisent ce système. Soucieux d’être encore plus exacts dans leurs calculs, ils décident de découper une nouvelle fois ces cycles. Ils obtiennent ainsi une journée découpée en 24 : ils ont inventé les heures ! Ces mêmes Egyptiens remarquent qu’une année (la durée qui sépare deux printemps) correspond à peu près à 360 jours. La base de 60 semble décidément bien adaptée à la représentation du temps.
Au moment de la conception des premières horloges c’est tout naturellement que les cadrans ont été divisés en 12 : sur un cercle, on distingue très bien quatre divisions de trois heures. En héritage du système babylonien, ces mêmes heures ont été découpées en 60 minutes et les minutes en 60 secondes.
Ce système, assez peu pratique lorsqu’on veut calculer la durée séparant deux heures distinctes, n’a jamais été réformé car il est trop ancré dans les mentalités. Peu après la révolution française, Robespierre tente d’instaurer un cadran divisé en 10 mais que personne ne réussira vraiment à adopter. Quand on voit les réticences d’une population à adopter une nouvelle monnaie comme l’euro, difficile d’imaginer qu’elle puisse adopter un nouveau système de mesure du temps. « On se dit rendez-vous à 10h67 ? ». A sa seule évocation, cette banale question met vos méninges en ébullition.










