Article. L’avantage avec la disparition prochaine des énergies fossiles, c’est que les ingénieurs redoublent d’inventivité pour trouver d’autres moyens de rouler : plein de sujets d’articles pour le Bar! Moteurs fonctionnant avec de l’eau, ou encore actionnés par magnétisme, les idées – parfois farfelues – ne manquent pas. Aujourd’hui le Bar des Sciences vous propose de (re)découvrir un concept qui ne manque pas d’air, la motorisation pneumatique.
Peu de pétrole, mais plein d’air. Pas besoin de pousser la réflexion plus loin pour Guy Nègre : il faut que nos voitures utilisent ce gaz pour rouler. Pourtant l’idée ne date pas d’hier, au 19è siècle certaines locomotives utilisaient déjà l’air comprimé. Cet ingénieur motoriste, qui a notamment travaillé pour l’industrie pétrolière et dans les Formule 1, en connait un rayon et a même créé Motor Development International (MDI), une entreprise qui invente et produit des moteurs pneumatiques pour voitures.
Il étudie cette technologie depuis 15 ans et a déposé plus de 20 brevets sur ce sujet. Son moteur ne repose pas sur un système à 2 ou 4 temps, mais 5 temps : aspiration, compression, injection d’air comprimé, expansion et détente (voir le schéma).
Et ça marche : MDI produit plusieurs modèles, du taxi aux petites citadines, en passant par les monospaces, il y en a pour tout le monde ou presque. Alors pourquoi ces véhicules, pourtant annoncés depuis plus de 10 ans, ne roulent-ils pas encore aujourd’hui?
La cause est simple et se résume en un mot : autonomie. Si MDI annonce 220 km d’autonomie, ce n’est pas l’avis émis dans deux rapports de l’Ecole des Mines en 2003, qui contredit ces données : celle ci ne pourrait excéder 40 km en utilisation urbaine. Son rendement ne serait de l’ordre que d’une vingtaine de pourcents au maximum. (voir la vidéo).
Autre cause invoquée : pour compresser l’air, il faut de l’énergie externe. C’est pourquoi les moteurs MDI fonctionnent en mode bi-énergie, c’est à dire avec l’aide d’un adjuvant énergétique, fossile ou biocarburant. Le bilan carbone global de ces véhicules est donc encore incertain, s’il faut ajouter des carburants d’origine fossile, alors cela doit être pris en compte dans les calculs, bien que la pollution inhérente à ce type de motorisation soit infime.
Ce moteur ne serait-il en définitive qu’une vaste farce ? Depuis 1997 les annonces se suivent et se ressemblent, Mr Nègre nous le dit, promis, juré, l’an prochain, on roule tous à l’air. Cette même année on annonçait la signature d’un contrat pour la production de 40 000 taxis pneumatiques à Mexico, la capitale la plus polluée du monde. Depuis, aucune action, rien que de la communication.
Le projet commençait à sentir le roussi quand MDI signa en 2008 un juteux contrat avec TATA, le constructeur automobile indien qui commercialise la voiture à 2500 dollars, et qui a récemment racheté Jaguar et Land Rover. Pas des rigolos, en somme. Tata investit, et s’octroie l’exclusivité des ventes sur tout le secteur indien. Un argument massue pour prouver la viabilité du projet. Mais à ce petit jeu Mr Nègre semble bien rôdé, puisqu’il attire toujours des investisseurs malgré les années de retard (Voir la vidéo).
L’avenir nous dira donc qui avait raison. On se donne rendez-vous l’an prochain, pour un article ou sur la première voiture à air comprimé, ou sur une énième annonce de report de cette commercialisation. A bon entendeur…
Photo : Le modèle FlowAir de MDI.
Cet article fait suite à une question envoyée par Fred, qui a commandé un lait fraise.

















Bonjour,
¨Pas besoin de se donner rendez vous l’année prochaine puisque la premiere voiture à air comprimé de MDI roule déjà depuis plusieurs mois chez KLM (à l’aéroport de Schilpol). C’est l’Airpod !! Il fonctionne pour le moment en mode mono énergie.
! Je l’ai essayé, c’est un véhicule hyper maniable avec son joystick ! Et son design qui peut surprendre au premier abord fini par devenir trés sympathique
!
L’Airpod est homologué depuis quelques jours et le premier client livré sera surement Air France qui n’attendait que l’homologation pour pouvoir tester ce véhicule. Ensuite parmis les premiers clients il y a une société spécialisée dans l’auto partage sur Antibes, VU Log. Une autre usine va voir le jour en suisse et produira ces véhicules dés le mois de juin.
Donc on est plus dans les beau discours mais dans les faits.
Véhicule pas cher à l’achat, par cher à l’entretien, consommation dérisoire par rapportaux moteurs traditionnelles.
Pour le moment MDI s’attaque au marché des citadines. Il ne faut pas espérer faire plus de 70km/h…mais bon en ville s’est limité à 50
Commentaire intéressant Marcopolo… vous avez des infos concernant l’autonomie (réelle en cycle urbain) et la puissance?
Bonjour,
commentaire dont l’enthousiasme est à modérer me semble-t-il. Les clés des airpods de test ont été remises le 07 Décembre 2009 à M. De Swert, un des directeurs.
Présenter Klm ou Air France comme client est aussi optimiste. Les compagnies aériennes sont souvent sollicitées pour effectuer des tests ce n’est pas pour autant qu’elles deviennent clientes.
Enfin, des promesses de constructions d’usines, il y en a eu beaucoup depuis des années, on attends toujours de voir la première en fonctionnement. Je songe au montage effectif de voitures à vendre pas à l’assemblage de prototype destinés à des démonstrations.
Et pour l’homologation, comme on dit en Angleterre : ‘Wait and see’.
Il y a beaucoup de comm’ autour de cette technologie. parfois, un peu trop même, ce qui rend le tout bien opaque.
Soyez certains que le jour d’une homologation, nous en entendrons parler encore et encore car ce sera une véritable révolution.
Mes propos sont toujours exacts, à ceci prés qu’il y a de nouvelles infos stratégiques, commerciales et techniques depuis pour MDI. Je vous laisse les découvrir à travers le document suivant qui circule sur le forum air car concept. On dirait une ébauche de plaquette commerciale (à mon avis plus destiné à des investisseurs d’usine) : http://drop.io/l9djwqi
A suivre…
@Fred : concernant les détails techniques et en particulier l’autonomie, il y a le document dont j’ai parlé dans mon précdédent post et d’autres document que vous pouvez télécharger depuis le site officiel de MDI et qui peuvent vous renseigner.
L’article est daté du 28/01/2010.
Rendez-vous est donc pris pour le 28/01/2011!
Y aura-t-il ce jour-là une voiturette MDI qui aura pu être achetée par un particulier?
Les affirmations de Marcopolo sont teintées d’un optimisme délibérément trompeur: les véhicules “prêtés” (et non vendus) à KLM ne sont que des prototypes, même pas issus d’une présérie; en effet, nombre de caractéristiques ne reflètent pas le modèle qui devrait un jour sortir des usines (poids du châssis, volume du réservoir, rendement du moteur, etc.)
Ces modèles dits “de test” ne feront pas l’objet d’un rapport public des performances mesurées (“top secret”, c’est la transparence à la mode MDI).
Donc, contrairement à ce qu’affirme un peu vite Marcopolo, les questions suivantes sont donc bien pertinentes:
- à quand un commencement de début de commercialisation? Car c’est bien cela qui intéresse l’acheteur potentiel, non?
- quid des performances mesurées (avec réservoir et moteur de série)? Temps de recharge du réservoir, coût en électricité, autonomie avec un plein d’air,… A priori, ça devrait aussi l’intéresser!
Sur le premier point, depuis des années, la réponse est toujours la même: “l’année prochaine”. On admire la continuité de la stratégie commerciale… (égale à elle-même depuis plus de 10 ans).
Pour la seconde question, c’est au choix du candidat à l’achat: soit il fait confiance aux chiffres donnés par MDI (mais que personne n’a jamais été admis à vérifier); soit il attend un test global par quelqu’un d’indépendant (journaliste spécialisé, par exemple, ce que MDI a toujours refusé jusqu’alors); soit il achète les yeux fermés et il se fera une idée par lui-même en temps réel; ou alors il consulte sur le web des estimations faites par des scientifiques experts en thermodynamique (Ecole des Mines de Paris, par exemple), mais là, il risque d’être refroidi.
Bon, si l’usine de Suisse “produit ces véhicules dès le mois de juin” (2010, je suppose?), comme l’annonce triomphalement Marcopolo, on devrait en savoir plus avant l’été (2010). Pourtant, en décembre 2009, il annonçait tout aussi triomphalement (sur le site de Nice-Matin) : “la disponibilité courant janvier des premiers véhicules de série pour pouvoir faire des tests réalistes”. En 3 mois, on enregistre un glissement de calendrier de 6 mois. Pas très rassurant…
Quant au couplet sur les qualités présumées “pas cher, consommation dérisoire”, on dirait une publicité directe pour MDI. Ne vaudrait-il pas mieux attendre au moins la présérie avant de se prononcer?
Pour le volet “consommation”, il suffirait que MDI indique le type de compresseur (modèle du commerce, est-il précisé) qui sera livré à l’acheteur (marque, modèle); on en découvrirait les dimensions, le poids, la consommation, le temps de recharge du réservoir,… et le prix de vente par le fournisseur (à déduire du prix payé par l’acheteur pour connaître le prix de vente “sortie usine” de l’Airpod).
Bizarrement, MDI ne communique pas sur ce matériel pourtant essentiel et qui sera indispensable à l’usager. Dommage, car cela permettrait de calculer le nombre de kWh consommés pour faire un plein, et donc le coût de ce plein. Mais ceci explique peut-être cela; encore une preuve de l’opacité qu’entretient MDI sur les performances: quelques mois avant les livraisons prévues, même le type de compresseur est encore “top secret”.
Conclusion: les paris sont ouverts, mais on peut logiquement conseiller aux candidats à l’achat de faire preuve de patience, de beaucoup de patience. 2011? Ce serait miraculeux!
Le reportage n’est apparemment plus disponible sur Dailymotion, si quelqu’un arrive à le retrouver n’hésitez pas à me le signaler.
A Fabien Goubet: le “juteux contrat” de licence signé entre MDI et Tata Motors date de début 2007, et non 2008 comme indiqué dans votre article. Eh! Oui, 3 ans déjà… Rappelons qu’à l’époque, MDI laissait croire que Tata allait fabriquer des véhicules à air comprimé “dans les 18 mois”. On sait ce qu’il en est aujourd’hui, puisque Tata a finalement renoncé, après avoir réalisé que l’avenir du moteur à air comprimé est derrière lui.
En revanche, il est parfaitement exact que la signature du contrat a remis à flot la trésorerie de MDI et l’a sauvé de la faillite… Pour combien de mois encore? Les finances semblent au plus mal, puisque MDI fait maintenant un appel à souscription auprès des futurs acheteurs de leurs futures (et virtuelles?) voitures. Wait and see…