Actu. Initialement prévu afin d’engager le dialogue sereinement entre citoyens et acteurs de la scène des nanotechnologies, le débat national public tourne sérieusement en eau de boudin. Attentats, slogans chocs, ripostes, petite revue des dérapages en tout genre.
Lancé en octobre 2009, le débat national public sur les nanotechnologies a lieu dans plusieurs grandes villes de France, de Strasbourg à Paris en passant par Rennes. Son objectif : « informer, permettre à la population de s’exprimer, et éclairer les grandes actions de l’Etat, dans la transparence et l’équivalence », selon le site officiel debatpublic-nano.org
L’idée semble intelligente sur le papier seulement voilà, les choses ne se passent pas tout à fait comme prévues.
Toulouse : attentat à l’ammoniaque
le 20 octobre, plusieurs activistes fermement opposés aux nanotechnologies jettent une bouteille d’ammoniaque dans la salle, provoquant son évacuation.
Lille : c’est fini ce brouhaha au fond ?
Organisée le 17 novembre, la réunion a été sévèrement chahutée, ce qui a tout bonnement empêché le débat d’avoir lieu. Mais la réunion en elle-même s’est bien tenue.
Grenoble : No, no, nano! Le débat, on s’en fout! On veut plus de nanos du tout!
C’est avec ce slogan que les opposants aux nanos ont tenté d’interférer dans l’organisation du débat public. On comprend que l’atmosphère devait être tendue…
Pourtant avec le pôle international Minatec, Grenoble s’affichait comme une ville plutôt propice pour ce genre de réunion. Que nenni : le 1er décembre, jour du débat, de nombreux manifestants hostiles aux nanotechnologies ont empêché toute discussion d’avoir lieu : les organisateurs ont du annuler la réunion. Le collectif Pièces et Main d’Oeuvre est à l’origine de ces actions, tout comme ce fut probablement le cas à Toulouse.
Caen : place à la vidéotransmission
Le débat a eu lieu sous surveillance policière, et l’entrée à la salle était finement filtrée par des membres de la commission nationale du débat public. Une seule personne a voulu s’opposer au débat, et s’est faite évacuer par les forces de l’ordre. Les intervenants ont participé à la réunion grâce à un dispositif de vidéotransmission qui les isolait du public, selon une dépêche AFP du 11 décembre.
Metz : bis repetita
Pour éviter d’autres débordements le débat public du 15 décembre à Metz fut encore une fois transmis en vidéo.
Et après ?
Pour une réussite c’est une belle réussite. On n’est pas encore à la hauteur d’un fabuleux débat sur l’identité nationale, mais il faut avouer que le niveau est élevé. D’un côté, des organisateurs qui proposent un débat public sans public où les participants sont filtrés, et de l’autre côté une bande d’extrémistes qui n’a aucune envie de débattre de quoi que ce soit et dont le seul but est d’empêcher tout dialogue.
Prochaine étape du décathlon des débats rigolos et inutiles ? Le 7 janvier à Rennes.









