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Sequestration géologique du CO2 : l’article que vous ne lirez jamais

Actualités Environnement Opinion

cheminees d'usineOpinion. Chers amis du Bar des sciences, ça vous intéresserait un article sur tout ce qui s’est dit lors du 3ème colloque international sur le captage et stockage du CO2? Les dernières avancées techniques? Les questions sociétales? Les aspects juridiques? Oubliez tout cela, puisque les fonds du Bar seront amplement insuffisants : il faut débourser 800 euros pour y participer. Un colloque international sur ce genre de sujet, ce n’est pas tous les jours qu’on peut y assister. Organisé par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), l‘Institut français du pétrole (IFP), et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), il regroupe tous les principaux acteurs de la scène internationale de la séquestration géologique du dioxyde de carbone : politiques, industriels, scientifiques…

Le programme était alléchant : défis technologiques à relever, financements, aspects sociétaux, projets en cours… En tout ce sont plus d’une vingtaine d’intervenants qui sont venus exposer leurs idées à la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris, les 5 et 6 novembre 2009.

Hélas, lorsqu’on nous annonça le montant du tarif d’entrée, 800 euros, la fête fut quelque peu gâchée, avant même de commencer. Pourquoi un prix aussi élevé? Certainement pas pour payer les repas, subventionnés par des poids lourds de l’industrie comme Total ou Schlumberger. Serait-ce un tarif dissuasif afin d’éviter d’avoir trop de questions embarrassantes auxquelles répondre? A ce tarif, peu de rédactions ont du envoyer des journalistes sur place… Nous ne conclurons pas hâtivement sur cette question, bien que la tentation soit grande.

Alors, de manière aigrie, nous nous demanderons si après tout, ce colloque, sponsorisé par Veolia, Alstom, GDF-Suez, Total, et autres entreprises notoirement bienfaitrices de l’humanité, fut vraiment un espace de débat et d’information, ou une vitrine des dernières percées de ces groupes industriels? Y a-t-il eu des gens dans la salle pour s’intéresser aux aspects éthiques, juridiques soulevés par cette technique? Par exemple, pourquoi enterrer ce gaz au lieu d’inciter les industries à en produire moins? Y a-t-il eu un débat lors des tables rondes ou était-ce une banale séance de cirage de pompes, et de félicitations mutuelles? Nous ne le saurons jamais, car visiblement, le grand public ne sera mis au courant de tout cela que lorsque tout sera inauguré, et que nous dormirons sous des poches immenses de CO2. C’est bien dommage…

A lire également :
Tous les articles sur la séquestration du CO2
Le site officiel du colloque
Photo : Smoke, Uwe Hermann, Flickr

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3 commentaires pour Sequestration géologique du CO2 : l’article que vous ne lirez jamais

  • Escaravage

    Business as usual : Par ici la bonne soupe ! Silence dans les rangs !
    Malgré un regain de dernière heure le lobby du charbon doit reconnaître que ses campagnes « antiwarming »ont fait long feu. Qu’à cela ne tienne, il opère une conversion à 180°. Derrière l’urgence climatique qu’il proclame désormais, se cache en fait l’urgence de s’emparer de l’aubaine financière que constitue la CCS, remède miracle. Pour faire plébisciter cette technologie dont les tares ont pu être décrites par la formule « trop risquée, trop chère, trop peu , trop tard », une nouvelle campagne de désinformation est engagée. La dissimulation des risques majeurs de fuites hors des aquifères profonds est systématique. Les spécialistes du lobbying ont beau jeu d’abuser de décideurs qui multiplient publiquement les preuves des consternantes lacunes de leur culture technoscientifique. Ainsi sont différées les mesures urgentes d’économies énergétiques et confisquées les ressources qui devraient s’investir dans les véritables énergies propres. Compte-tenu de la progression cataclysmique du dérèglement climatique au cours des dix dernières années et de son accélération prévisible lors des dix prochaines du fait des rétroactions « positives » que constituent la réduction de l’albédo des pôles et la libération de méthane due à la fonte du permafrost, c’est se moquer que de promouvoir des « usines à gaz » prétendues opérationnelles à l’échéance 2020.

  • Fabien Goubet

    Mise à jour du samedi 7 novembre :

    Le Monde dans sa version papier et électronique, publie l’article “Le CSC vise la maturité en 2020.”

    Le premier quotidien national a encore les moyens d’envoyer des journalistes à un tel tarif, heureusement. (et peut-être n’ont-ils rien déboursé…)

    Les analyses sont pertinentes, et certains chiffre font peur : 100 euros pour capter et stocker une tonne de CO2, contre 20 euros pour avoir droit à polluer l’atmosphère avec la même quantité. Et encore des progrès à faire au niveau de la sécurité.

  • Escaravage

    Je cherche vainement un compte-rendu du fameux colloque. Est-il classé secret défense ?? …

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