Dossier bionique. Avec des titres comme ceux des articles du dossier bionique, il va être difficile d’augmenter la notoriété de Bar des sciences, nous vous le concédons bien volontiers. Mais le lecteur averti sait que derrière ces gaudrioles apéritives se cachent souvent les informations de la plus haute qualité.
Le « bon » côté des conflits armés récents, c’est que les recherches sur les prothèses ont été relancées, le plus bel exemple étant celui du programme lancé par la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA), un organe de la défense américaine. Leur projet de recherche « Revolutionizing Prosthetics« , qui a coûté 100 millions de dollars, a permis d’inventer le bras DEKA, une prothèse destinée à remplacer le membre perdu.
Cet organisme de recherche, à l’origine -excusez du peu- d’internet, des systèmes GPS ou encore de la vision nocturne, a donc confié cette tâche à une entreprise, DEKA, dédiée à ces recherches, et composée de 40 ingénieurs mais aussi de psychiatres et de neurologues. Le cahier des charges était clair : ni plus ni moins que révolutionner les appareils actuels. Le bras demandé devait permettre les mêmes mouvements qu’un bras naturel, tout en restant d’un poids inférieur à 4 kg, et en étant entièrement contrôlé par le système nerveux.
Le prototype construit est équipé 10 moteurs et 25 circuits. Au départ le problème majeur fut le confort d’utilisation : bien que fonctionnel, le DEKA irritait fortement la peau des cobayes à l’endroit où il était fixé. Un système de coussins a donc été ajouté afin de remédier à ce problème. Mais l’avalanche de technologies ne s’arrête pas là. Parmi les performances hi-tech, soulignons :
- des capteurs neuronaux pour interpréter les messages nerveux
- des moteurs légers, silencieux et peu gourmands en énergie
- des matériaux solides et légers
Les informations sensitives sont transmises de manière détournée. Par exemple, comment faire comprendre au cerveau la puissance d’une étreinte de la main lorsqu’on tient un oeuf et qu’on désire le garder intact? Il s’agit d’un système de vibrations : plus on serre fort, plus ça vibre. Elémentaire mon cher Watson.
Mais le plus étonnant reste la commande du bras. Il suffit de penser à un mouvement naturel pour faire se mouvoir le bras robotique. Les capteurs placés au niveau de l’épaule détectent les activités électriques des nerfs initialement reliés au membre, et transmettent ces informations à l’ordinateur qui va les interpréter et faire agir les moteurs. Les cobayes assurent qu’ils agissent presque naturellement et que la prothèse répond à leur pensée. Et voici un reportage de l’émission 60 minutes, pour la démonstration, vous pouvez aller directement vers 6″00.
« Leave no one behind » (« on n’abandonne personne ») c’est une des devises de l’armée américaine, qui vaut pour le champ de bataille mais aussi une fois les soldats retournés au pays. Avec les récents conflits en Irak et en Afghanistan, dont les bilans humains sont catastrophiques, on comprend la nécessité de développer ce genre de prothèse. La seule chose qu’il faut espérer, c’est que ces membres artificiels seront développés dans un but pacifique, non pas pour renvoyer des soldats mutilés au front, comme Nathan Spencer de Bionic Commando…
A lire également :
Le site AHP prosthetics
Procosil qui fabrique des prothèses en silicone
Photo : My bionic arm – Panos!! – Flickr












