Recherche débile. J’entame la semaine avec une nouvelle rubrique pour le Bar des Sciences : j’ai nommé les « Mad Scientists ». Vous y apprendrez les dernières trouvailles de chercheurs qui peuvent prêter à rire ou à sérieusement s’interroger. Evidemment j’ai choisi de commencer par du sexe oral, histoire d’attirer les lecteurs.
“Correlation Between Oral Sex and a Low Incidence of Preeclampsia: A Role for Soluble HLA in Seminal Fluid?” c’est le titre racolleur de cet article, qu’on pourrait traduire par « Corrélation entre sexe oral et prévalence amoindrie de la pré-éclampsie : rôle du CMH soluble du liquide séminal? »
Avant de vous jeter voracement sur la publication, sachez que la pré-éclampsie est une hypertension artérielle qui touche certaines femmes enceintes, principalement due à une mauvaise vascularisation du placenta. Ici les chercheurs se sont donc interrogés sur le possible lien entre les fellations pratiquées par des femmes atteintes et la dite maladie.
La pré-éclampsie est soupçonnée d’avoir une origine immunitaire. Porter un enfant s’apparente à un situation de greffe où la femme porte un corps étranger. Il fallait aux chercheurs un moyen de tester cette idée : vérifier qu’il existe bien un lien entre cette maladie et une réaction immunitaire. Ils ont pensé aux relations sexuelles orales : lors d’une fellation, la femme peut absorber des cellules de son partenaire, induisant ainsi une tolérance immunitaire au futur foetus, ce qui réduit les chances de démarrer toute réaction immunitaire suite à une fécondation.
L’étude était constituée d’une centaine de femmes enceintes (premier enfant) atteintes ou non de pré-éclampsie. Elles devaient préciser si elles pratiquaient du sexe oral, entendez par là, une éjaculation orale, avant de tomber enceinte, et si oui, si elles avalaient la semence de Monsieur…
Les résultats montrent que les molécules du système CMH (ou HLA, des marqueurs protéiques propres à chaque individu, à la surface de nos cellules, et impliquées dans les réactions immunitaires), sont présentes en plus faible quantité dans le plasma séminal du groupe des femmes atteintes qui avalent le sperme de leur partenaire.
Serait-ce un indice favorable à l’établissement d’une théorie sur l’apparition de la maladie? Une cause immunitaire a déjà été avancée par certains chercheurs dans le passé, en serait-ce une première confirmation? Rien n’est sur, d’autant que les résultats ne sont pas significatifs, selon les dires des auteurs, qui ont décidé de poursuivre cette étude pour en savoir plus… les petits pervers!










J’ai beaucoup aimé votre commentaire.
Il se trouve que je connais un des auteurs, et d’autres qui ont publié sur la durée de cohabitation sexuelle.
Un de ces articles a été publié par le Lancet. Avec un des auteurs mondialement connu, malheureusement aujourd’hui disparu qui a accordé sa signature sans avoir écrit une seule ligne de la publication.
Toute cette équipe se réunit tous les deux ans… à Tahiti, à La Réunion, cette année dans une autre île « reposante » pour leur réflexion.
La publication du Lancet a des biais grossiers, qui n’ont pas sauté aux yeux des rewievers…. Mais le cercle des experts de cette pathologie est tout petit…,
Tout ceci, me permets de vous dire que votre mise en garde, est drôle et pertinente.
La prééclampsie déchaîne les passions. Beer déjà, s’était égaré…. mais pas dans les îles de rêve….