Article. Ca vous dirait de participer à des programmes scientifiques de grande envergure, de rejoindre des équipes de milliers d’amateurs qui aident les chercheurs dans leur travail? Et oui, c’est possible, moyennant un peu de votre temps et de votre bonne volonté évidemment. Enfilez votre blouse blanche, le Bar des Sciences vous emmène faire un tour des programmes de sciences participatives.
Les sciences dites participatives ne sont pas encore très développées en France, restant plutôt l’appanage des anglo-saxons ou des américains. Le principe est simple, pour accélérer un long (et parfois fastidieux) travail d’inventaire, d’observation, ou de calcul, le grand public peut être mis à contribution. La plupart du temps, les conditions d’accès sont très peu restrictives, bien sûr avoir un intérêt réel pour la discipline choisie est un plus considérable.
Compter les oiseaux : le STOC
C’est quoi ? Le Suivi temporel des oiseaux communs ou STOC est un programme à l’échelle européenne dont le but est de répertorier les oiseaux. Les résultats sont très utiles puisque en plus des résultats directs sur les populations de ces animaux, les scientifiques peuvent analyser la biodiversité générale d’un territoire, les oiseaux en étant de très bons indicateurs. Le principe est simple : chaque participant reçoit un carré de terrain à analyser proche de son domicile. Il réalise l’inventaire de tous les oiseaux qu’il y voit. Les résultats sont centralisés par une équipe du Muséum national d’histoire naturelle.
Pour qui ? Le programme est ouvert à tous, mais est réservé en priorité aux ornithologues avertis. Difficile de reconnaître un oiseau au cri ou à la façon de battre des ailes quand on n’a que peu de connaissances dans le domaine…
Quand ? La session 2008 s’est achevée il y a peu et les résultats ont été publiés dans un bulletin européen.
Pour en savoir plus : le site du STOC.
Classer les galaxies : Galaxy Zoo

Galaxie M81 (NASA)
C’est quoi ? Galaxy Zoo propose aux internautes passionnés d’astronomie d’aider les chercheurs à classer les galaxies selon des critères visuels. Le Sloan Digital Sky Survey, un programme de cartographie par téléescope, a réalisé une carte représentant un quart de la voûte celeste, contenant environ un million de galaxies visibles. Galaxy Zoo demande l’aide des internautes afin de les aider à les classer. Est-elle en forme de spirale, de quelle couleur, etc…sont des exemples de critères à évaluer.
Pour qui ? Il suffit de s’inscrire sur le site et d’aimer le ciel et l’espace.
Quand ? La première session eut lieu en 2007, mais vous pouvez encore participer à la deuxième dès aujourd’hui.
Pour en savoir plus : le site Galaxy Zoo.
Compter les papillons : Papillons & jardins
C’est quoi ? Petits vicieux, il ne s’agit pas de la chasse aux papillons chère à Brassens, mais du seul programme français de sciences participatives : Papillons & Jardins. Les amateurs doivent, un peu comme pour le STOC, réaliser un inventaire des papillons qui squattent dans les parcs et les jardins. Il s’agit là encore d’un très bon indice de biodiversité : les papillons représentent à eux seuls 10 % des espèces décrites par l’homme, et les jardins couvrent un million d’hectares en France soit 4 fois plus que la surface de toutes les réserves naturelles réunies, selon Noe Conservation, à l’origine du projet.
Pour qui ? Papillons et jardins est un programme grand public. Un fascicule destiné à bien reconnaître les papillons est fourni à chaque participant.
Quand ? L’opération a débuté ce printemps, vous pouvez encore vous inscrire. A noter qu’un programme « bourdon » et « escargot » sontégalement disponibles, sur le même principe.
Pour en savoir plus : La page du projet papillons & jardins
Le repliement des protéines : Folding@Home

une protéine décortiquée par folding@home
C’est quoi ? Il s’agit d’un projet de l’université de Stanford qui consiste à mettre à contribution le plus d’ordinateurs possibles afin de comprendre la façon dont les protéines se replient (to fold en anglais) lorsqu’elles se forment. En effet cette forme tridimensionnelle appelée structure tertiaire, est capitale pour comprendre les différentes fonctions d’une protéine. L’algorithme mis au point par ces scientifiques évite de passer par des méthodes lentes et coûteuses, mais il faut une puissance de calcul phénoménale, partagée entre des millions d’ordinateurs. En pratique, on installe un programme sur le PC ou le Mac, puis on le laisse tourner, tout se fait automatiquement. Le nom de ce programme est inspiré du projet Seti@home, qui consistait à utiliser la puissance de nombreux ordinateurs afin de trouver des traces de vie extra-terrestre en 1996.
Pour qui ? Toute personne possédant un ordinateur relié à internet. A noter que les possesseurs de la Playstation 3 de Sony peuvent aussi participer, mettant ainsi à profit la formidable puissance de cette console de jeux (pour une fois, diront les mauvaises langues).
Quand ? Le projet a débuté en 2001 et les premiers résultats ont rencontré un franc succès. Evidemment celui-ci continue et continuera encore longtemps dans les décennies à venir.
Pour en savoir plus : La page du projet Folding@home
Intéressés ?
Voilà c’est la fin de notre petit tour. Tout comme internet, la scène scientifique fera-t-elle intervenir largement le grand public dans le futur? Pas si sûr, de nombreux obstacles se posent à la réalisation de ce genre de projet.
La bonne foi des participants peut être remise en cause. Même si ce phénomène est marginal, il faut le prendre en compte. La plupart du temps, les passionnés d’oiseaux par exemple apportent des informations capitales aux scientifiques! La probabilité de sabotage des résultats reste infime.
L’exactitude des renseignements est-elle vérifiée? Pas tout le temps, mais cela est aussi pris en compte par exemple le programme Galaxy zoo fait observer une même galaxie à 50 internautes différents. Difficile de contester une même observation faite par 50 personnes qui ne se sont jamais rencontrées.
C’est l’occasion, si les sujets abordés vous plaisent, d’apporter votre pierre à l’édifice et de faire avancer la science anonymement. Mais ne sont-ce pas les héros anonymes qui sont, justement, les vrais héros?









