Actu. Construction, robotique, alimentation, les nanoparticules ont déjà commencé à envahir nos vies, non sans soulever de nombreuses inquiétudes. Il ne faut cependant pas oublier leurs multiples applications dans le domaine de la santé : ici des ingénieurs américains viennent de mettre au point un minuscule assemblage moléculaire afin de lutter contre les maladies cardiovasculaires.
Une des causes principales de ces maladies est l’athérosclérose, une obstruction des artères par des plaques de substance graisseuse. Les effets sont variables selon le degré d’obstruction du vaisseau sanguin, et vont de la douleur (angine de poitrine) à l’infarctus du myocarde si le muscle cardiaque venait à ne plus être alimenté correctement. Au niveau du cerveau, on parle d’accident vasculaire cérébral. Avec environ 17 millions de morts par an dans le monde, il s’agit de la première cause de mortalité : trouver un traitement efficace est donc un enjeu capital.
La solution viendra peut-être de cette équipe de scientifiques et d’ingénieurs de l’University of California de Santa Barbara. Ses membres ont développé un assemblage moléculaire qui va cibler spécifiquement les plaques d’athérome. Il s’agit d’une nanoparticule micellaire, une structure proche d’un liposome, mais constitué d’une seule couche lipidique. La tête polaire (c’est à dire miscible à l’eau, ou hydrophile) est constituée d’une petite chaîne d’acides aminés pouvant se fixer spécifiquement sur la fibrine, une protéine se déposant sur ces fameuses plaques.
Ces micelles deviennent de véritables missiles téléguidés qui vont être capables d’emporter avec elles des médicaments agissant contre les plaques d’athérome. Des tests effectués chez des souris présentant ce type de pathologie ont déjà été effectués et les résultats montrent une plus grande efficacité lorsque les molécules sont administrées avec ce type de micelle, comparé à des micelles classiques.
Ce nouvel outil de ciblage moléculaire est très prometteur : flexibilité, taille minuscule, temps de circulation long, capacité d’auto-assemblage (les micelles se forment toutes seules lorsque les lipides sont en présence)…la liste des propriétés est longue. Tous ces résultats sont extremement encourageants dans la perspective de lutte contre l’athérosclérose, et montrent – pour une fois – un aspect tout à fait positif de l’utilisation de nano-assemblages.
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L’abstract de la publication
Photo : Une image d’une micelle de ciblage par l’équipe de l’UCSB – Peter Allen, UCSB.









