Pourquoi voit-on nos veines bleues?

Comptoir

Nous les voyons bleues à la surface de la peau, mais en réalité, les veines sont rouges, comme le sang qu’elles véhiculent ! Et si elles sont représentées en bleu sur les planches d’anatomie, c’est seulement pour mettre en évidence le sang qui revient des organes, par opposition à celui qui les alimente.
Concrètement, la couleur du sang varie de l’écarlate au vermillon selon sa teneur en oxygène et elle est due à l’hémoglobine, une protéine du transport de l’oxygène par les globules rouges.
Comment se fait-il alors que les veines nous apparaissent bleues ? Simple : il s’agit d’une illusion liée aux propriétés optiques du sang et de la peau ainsi qu’à notre perception visuelle.
Lorsqu’elle interagit avec la lumière, la peau réfléchit du rouge et du jaune, ce qui lui donne un aspect rosé.

Le système vasculaire, avec les veines en bleu

Le système vasculaire, avec les veines en bleu (cliquez pour agrandir)

Induction chromatique

Pour les veines, on observe une baisse de la réflexion aux moyennes et grandes longueurs d’ondes du spectre visible, c’est-à-dire dans le vert et le rouge : les vaisseaux réfléchissent un peu mieux la lumière pourpre. Cette différence minime de réflexion de la lumière est liée à la nature du sang, à l’effet de filtre de la peau au-dessus du vaisseau sans oublier le diamètre et la profondeur des vaisseaux.

C’est alors qu’entre en jeu notre système de perception des couleurs*, notamment le cortex visuel chargé d’interpréter les signaux envoyés par notre rétine. Ce mode d’interprétation joue notamment sur des effets de contraste.

Ainsi pour discriminer deux couleurs voisines, notre cerveau « augmente » leurs différences et « diminue » ce qui leur est commun. Cet effet, appelé l’induction chromatique, fait la joie des amateurs d’illusions d’optique. Il est augmenté lorsque la couleur du fond est uniforme et que les couleurs sont proches. Ainsi, dans notre cas, le vaisseau pourpre sur fond rosé semble ne plus renvoyer de rouge et paraît alors bleuté.

*Notre rétine est tapissée de cellules photoréceptrices : les bâtonnets et les cônes. Seuls ces derniers sont responsables de notre aptitude à distinguer les couleurs. Il en existe trois types comprenant des quantités différentes de pigments qui définissent leur sensibilité au bleu, vert et rouge. Une fois excités, les photorécepteurs envoient l’information visuelle à des cellules connectées à des neurones dont les axones se projettent vers les neurones du cortex visuel.

Article rédigé par Marion Sabourdy, Science et Vie août 2008 – Question de lecteur. Découvrez le blog de Marion !

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Dessin : cosmovision.com

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