
Séquestrer le CO2 : un pari risqué
Pourquoi ne pas enfouir le dioxyde de carbone (CO2) sous terre afin de limiter sa concentration dans l’atmosphère ? Cette idée qui peut paraître saugrenue, ne fait pas rire les scientifiques, ni les industriels qui les financent, comme Total et ses 4 millions d’euros pour le premier contrat. Depuis une dizaine d’années, plusieurs technologies sont développées afin d’enterrer le CO2 sous le plancher des vaches. Le hic, c’est que la plupart des méthodes envisagées posent des problèmes de pérennité et / ou de sécurité. A plusieurs kilomètres de profondeur, le CO2 est sous forme supercritique. Ses propriétés relèvent à la fois des gaz et des liquides, ce qui le rend instable. En cas de fuite, la séquestration n’aura servi à rien. Pire : un dégazage massif peut survenir, phénomène rare asphyxiant tous les êtres vivants à proximité.
Total affirme de son côté que le stockage est sûr, en publiant des données géologiques provenant de Sleipner, un ancien site pétrolier en Mer du Nord, mais les scientifiques sont divisés quant à l’interprétation de celles-ci. Impossible pour certains de conclure à une pérennité du CO2 stocké. Alors, faut-il oublier ce type de séquestration du CO2? Pas vraiment. Une équipe de chercheurs de l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP) étudie de près le stockage minéral du CO2 . Associé à des roches basiques comme l’olivine, une réaction de carbonatation se déclenche, produisant du carbonate de calcium minéral stable et inoffensif. En dépit de plusieurs obstacles, les chercheurs de l’IPGP espèrent bien obtenir une méthode de séquestration du CO2 fiable, et sans risque, pour un coût raisonnable. A suivre…
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