Actu. Allumeur de réverbère : profession poétique, symbole des faubourgs de grandes villes du XIXème siècle. Un métier qui s’éteignit lorsque l’ampoule électrique de Thomas Edison prit la place du pétrole et du gaz dans tous les réverbères. Plus d’un siècle plus tard, l’exercice renait de ses cendres. Mais au XXIème siècle, ce n’est pas un employé de mairie qui allume ces réverbères, mais les téléphones portables. L’histoire se déroule à Dorëntrup, dans le nord ouest de l’Allemagne. Dans cette commune de 8500 habitants, l’éclairage public s’éteint tous les soirs dès 21h. Un moyen radical mais efficace de faire des économies d’énergies et de réduire son impact écologique.
Pour ne pas priver ses habitants de sorties nocturnes, la mairie de Dorëntrup a mis en place le programme « Dial4light », tout à fait dans l’air du temps. Le concept est simple : le promeneur nocturne qui veut traverser les faubourgs de la ville doit envoyer un SMS pour préciser son itinéraire. Immédiatement, tous les lampadaires présents sur sa route s’allument pendant 15 minutes.
Mis en place il y a bientôt un an, le programme trouve peu à peu ses utilisateurs, et la municipalité économise dorénavant 25% sur sa facture d’électricité de l’éclairage public.
Si le concept séduit et devrait rapidement être appliqué dans d’autres bourgades allemandes, celui-ci montre déjà ses limites : d’une part, devenir allumeur de réverbère nécessite une inscription dans une base de données. A chaque rue est ensuite attribué un code que l’utilisateur doit écrire dans son SMS. Mieux vaut ne pas être farouche aux nouvelles technologies pour ne pas se retrouver dans le noir. D’autre part, le coût du SMS est à la charge de son expéditeur. Le voyageur noctambule qui n’a plus de crédit sur son téléphone en fin de mois se retrouve condamné à rentrer chez lui dans le noir.
Quoi qu’il en soit, le principe reste intéressant et a permis à la ville allemande de réaliser que certaines rues n’étaient jamais empruntées la nuit. Il devient totalement absurde d’éclairer celles-ci 365 soirs par an ! Un concept qui devrait ravir tous les astronomes obligés d’observer le ciel étoilé sous un gros réverbère qui gâche la beauté de la nuit.
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Photo: Réverbère, el is nice, Flickr









